Mr Rémy BOISSET

Je tiens à remercier Mr Boisset pour la confiance qu’il m’accorde. Nous allons découvrir comment le rêve d’un jeune homme a put devenir réalité et comment Mr Rémy Boisset fut le dernier homme d’équipages à embarquer sur le Calypso puis sur l’Alcyone. Je tiens aussi à le remercier pour les photos qu’il a eut la gentillesse de me faire parvenir pour que vous autres les passionnés comme moi, puissions continuer à vivre avec notre passion. Je vous invite donc à jeter un coup d’œil sur la page souvenirs d’anciens et ainsi de le retrouver sur le pont de la Calypso et de l’alcyone.

Comment le rêve d’un jeune homme devient pour lui une réalité


rémy et albert falco pour la premiere fois sur calypso

Ma rencontre avec la Calypso…

Depuis l’âge de 11 ans, ma passion pour l’odyssée de l’équipe Cousteau m’a conduit à me rapprocher de ces hommes et de leur Commandant.

Membre de la Fondation Cousteau, je correspondais régulièrement par lettres avec les secrétaires puis deux fois avec JYC, lui même, sans savoir qu’un jour, j’embarquerais à bord de la Calypso.

Combien de fois avec ai je rêvé de ce bateau, j’étais avec l’équipage à bord, je vivais mes rêves, me voyant à des postes précis à bord et je ressentais l’ambiance du bord…

D’années en années, de festivals en festivals, je continuais mon approche avec des personnes comme le CDT Tailliez, CDT Cousteau (Monaco), Albert Falco, Jean Michel Cousteau etc.

Je suivais les déplacements des navires «Calypso » et « Alcyone », entretenais des contacts avec eux…

Janvier 1996,Calypso à quai à Singapour, coule en quelques minutes la coque transpercée par l’épave d’une barge au dessus de laquelle elle se trouvait…Les deux membres de l’équipe de garde du navire partis faire des courses en ville, retrouveront leur Calypso, gisante et couchée sur le flanc bâbord, dans les eaux noires et mazoutées du port de Singapour…

A l’époque je connaissais déjà mon ami, Bébert Falco, celui-ci fut contacté par JYC pour partir au secours de la vieille dame blessée.

Ma rencontre physique (à son bord) avec Calypso, se fera à son retours de Singapour, après mettre rendu à son chevet, arrivé très tôt un matin sous une fine pluie, je faisais les cents pas le long de sa coque meurtrie, elle semblait nous implorer notre aide…

Celle qui durant tant d’années parcourra tant de milles marins, affrontant des tempêtes, des avaries et autres mésaventures, se trouvait la devant moi sans défense, délavée par un séjour de plus de trois semaines dans les eaux d’un port (qui aurais pu devenir son tombeau définitif).

Soudain, dans le carré de Calypso, une lumière source infime de vie à bord de ce vaisseau fantôme puis des bruits de vie, une porte qui s’ouvre… un homme corpulent, un peu rustre sort, m’aperçoit, il voit dans mes mains un dossier avec un logo qu’il connait bien, celui de la nymphe Calypso, premier lien entre nous, l’homme qui vient de se lever n’a pas plus envie de parler si tôt ce matin, il rentre de nouveau dans le carré.

Assis devant celle qui toute ma vie, m’avait fait rêver, je suis moi même en plein rêves, me relatant ses expéditions passées, ses ponts chargés de matériels de plongées, de prise de vues, Denise la soucoupe sur sa plage arrière…

Au bout d’un moment, le monsieur corpulent ressortit du carré et me voyant assit aux cotés de Calypso, me demanda qui j’étais, je lui répondis que j’étais un amoureux du bateau et que la sachant à Marseille, j’avais voulu lui « porter secours » en apportant mon aide d’une manière ou d’une autre…

Visiblement très touché par cette marque de sympathie à l’encontre de « son navire », le Monsieur « corpulent », engagea la conversation avec moi et au bout de quelques minutes, m’invita à venir boire un café à bord….

En plein rêve, j’allais dans quelques minutes franchir cette passerelle et fouler ce pont, cette plage arrière…

Une fois les pieds à bord, je suis mon « héros » nous empruntons la coursive tribord un peu encombrée d’objets divers jusqu’au carré, le « carré » de la Calypso, je rentre, l’endroit est petit, sombre et mes souvenirs cherches les moindres détails, ce lieu qui fut et reste sur tous les bateaux du monde, le cœur du navire, lieu des repas, des décisions importantes, rassemblement des hommes autour de leur « pacha »

Je reconnais le mobilier, la banquette, il manque la vraie table du carré dont le plateau était percé de petits trous afin de caler les assiettes dans la tempête…

La petite vitrine à droite en rentrant est vide, elle qui renfermait les «trésors » du bord, objets, photos et lettres adressées au « pacha » ou à l’équipe du bord…

Ce premier café à bord de Calypso qui, était un modeste café américain, restera à tout jamais le meilleur café du monde, une fois terminé j’en apprendrais un peu plus sur mon « mystérieux » ami, en fait il s’agit de Jean-Marie France, le chef-mécanicien de la Calypso et ce depuis plus de 27 ans, une fois les présentations faites, Jean-Marie me propose d’aller faire le tour du navire mais tout seul, «tu connais très bien le navire, me dit-il », et je commençais donc ma visite, les appartements de la « Bergère » et de JYC, les cabines des « chefs »(mécanos, pilote d’hélicoptère bob brumbeck, cinéma etc), plus en avant les sanitaires, douche unique, puits à chaines etc…

J’accède au pont supérieur par l’échelle étroite à bâbord qui se trouve devant la cabine de JYC, je grimpe et me trouve aux pieds de l’aileron bâbord qui mène à la timonerie du bateau, je rentre et la devant moi la barre, le compas seul présent dans cette timonerie vide ou jadis les ordres étaient envoyés à la machine, le « pacha » assis sur son siège à la passerelle, scrutant l’horizon afin de trouver la meilleure passe pour son bateau fétiche…

Derrière moi, une porte en contrebas, deux marches qui me mène au local radio, ou se trouvait le poste radio (Guy jouas), les appareils de transmissions satellites, fax et la table à cartes…

De nouveau dehors, je me dirige vers la plage avant direction bien sur, la proue de Calypso avec son « faux nez », la trappe d’accès est ouverte et la tentation est trop forte, je décide de descendre le long du faux nez pour atteindre quelques mètres plus bas, la chambre d’observation, ou tant d’images avaient été tournées…L’endroit est rouillé et encore plein d’eau au fond, mais que d’émotions, je suis dans ce faux-nez qui me faisait tant rêver plus jeune….

Je rejoins mon « nouvel ami », je le remercie pour ce moment unique et m’apprête à le laisser tranquille, mais celui-ci devant ma passion évidente et mon réel amour pour « son » bateau, me propose une chose encore aujourd’hui, stupéfiante, voudrais tu me remplacer à bord de Calypso pour quelques semaines?…

Là, dans ma tête tous va très vite, sans emploi à ce moment la, ma réponse ne se fait pas attendre et c’est un grand « oui, bien sur » qui sort de ma bouche.

Jean-Marie France semble très heureux de ma réponse(pas autant que moi), en me raccompagnant au carré, il m’explique qu’il n’a pas eu de vacances depuis plusieurs mois et à la suite de l’accident de Calypso, ces vacances ont été repoussées et qu’il aurait besoin de s’occuper de ces affaires privées, c’est pour cela que rencontrant un jeune homme plein de passion et pas si étranger à l’histoire de Calypso, il sera soulagé de lui confier la garde de son « navire ». Jean-Marie France me raccompagne sur la plage arrière, me dit va appeler le siège de l’équipe Cousteau à Paris et proposer cette « arrangement » à la présidente (Francine Cousteau) mais surtout au CDT Tranouil, responsable du navire.